L’histoire du Domaine

Ici, depuis 1940, les générations se succèdent, servent le terroir : Francis lance la première cuvée de Vernon, qu’il vinifie en 1952 ; Georges prend la suite de son père en 1953. Il est avant tout reconnu pour avoir sauvé l’appellation Condrieu, et crée notamment les Chaillées de l’Enfer en 1992 ; Christine prend les rênes du Domaine en 1996. En blanc on lui doit les Terrasses de l’Empire, qu’elle crée en 1998. Mais elle qualifie désormais aussi le Domaine pour ses rouges, en lançant notamment ses célèbres cuvées de Côte-Rôtie : Maison Rouge qu’elle relance et qu’elle vinifie dès 1997 et La Bonde du Seigneur, créée en 1998, qui toutes deux font aujourd’hui internationalement, autant que les Condrieu, la renommée du Domaine.

 

Le Domaine


Le Domaine s’étend aujourd’hui sur 24 ha répartis sur les appellations AOC Condrieu, Côte Rôtie, Saint-Joseph, …
17 ha sont en forte pente. On parle ici de « viticulture héroïque ».

Le Terroir

Un grand vin, c’est la rencontre d’un terroir et d’un homme ou d’une femme. La qualité exceptionnelle du terroir est un préalable qui conditionne, le talent des vignerons, ici celui de Francis, de Georges puis de Christine, ce qui accompagne et parachève.
La situation du Domaine offre des conditions exceptionnelles au développement des cépages Viognier et Syrah. Les travailler avec délicatesse permet d’en révéler toute la finesse aromatique et de produire des vins tendus, élégants et racés.

Le climat

Les vignes sont plantées sur de fortes pentes, en terrasses. Les murets y sont des alliés : les pierres emmagasinent le jour la chaleur du soleil et la restituent la nuit. La vigne profite ainsi d’un microclimat exceptionnel – chaud et ensoleillé, soumis aux vents du nord comme à ceux du sud.
Des conditions rares.

 

Les sols

Les vignes bénéficient également d’une qualité de sols exceptionnelle : le Coteau de Vernon est composé de gore, un granite en décomposition (le secret de sa fraîcheur…), et les Chaillées de l’Enfer, d’affleurement de granite.
Les vignes de Maison Rouge sont, elles, plantées sur des sols granitiques qui confèrent aux vins puissance et élégance.

Les valeurs

« Ici la vigne pousse à l’ombre de ceux qui la travaillent. » Georges Vernay
Trois générations ont permis de porter le Domaine à ce rang d’excellence. C’est une histoire d’engagement, de labeur, dans le plus pur respect de la terre, de la vigne et de celles et ceux qui la travaillent.
Atteindre l’expression du millésime le plus finement possible ne se décrète pas : un terroir se sublime, des vignes se suivent, un vin se rencontre, au prix d’effort, de patience, d’écoute, d’attention…
Ici il s’agit depuis toujours de donner le meilleur de soi, de tenir ses valeurs et de suivre ses convictions, de prendre soin en prenant appui sur des équipes compétentes, formées aux particularités du Domaine, et que les partis pris affirmés de Christine Vernay séduisent.

Une histoire de famille et d’équipes

Après avoir conduit seule le Domaine pendant plus de 10 ans, Christine est désormais épaulée en vignes par son frère cadet, Luc Vernay, qui gère et conduit les équipes de terrain. Tous deux dirigent des hommes et des femmes que l’aventure engage et qui s’y engagent. Selon les périodes de l’année, jusqu’à quarante personnes travaillent au Domaine, et assurent notamment l’important suivi auquel contraint la conduite en agriculture biologique sur des coteaux en forte pente où tout se fait… à la main.

Vernon

Vernon c’est un coteau, et c’est aussi une bâtisse du 19ème siècle, construite au pied par l’architecte lyonnais René Dardel, un amoureux de la nature et passionné de peinture.
La propriété familiale reflète l’esprit du Domaine : vivre au cœur même des coteaux, écouter la nature, en faire le meilleur.

 

Christine Vernay, 3ème génération

Christine Vernay

Christine Vernay a pris la suite de son père en 1996. Elle était certes Professeure à l’ENA, mais elle avait grandi sur ces coteaux : elle avait en elle l’odeur de la menthe, le goût de l’acacia, la délicatesse des violettes.
Elle a, à force de travail et d’engagement, hissé le Domaine réputé que lui avait confié son père sur les plus hautes marches du podium, et a cumulé les titres : élue « Homme » de l’année en 2012 (Bettane & Desseauve), Membre de l’Académie du vin de France, de l’Académie internationale du vin (AIV), elle est reconnue pour être une vinificatrice hors-pair, et faire aujourd’hui parmi les plus grands vins dont certains se sont vus attribués le célèbre 100/100.

Sensibilité, technicité, savoir-faire

Les grands vins sont ceux qui nous racontent une histoire. Cela suppose que celles et ceux qui les font donnent d’eux-mêmes, offrent leurs parts sensibles. Cela suppose aussi une maîtrise parfaite des process d’élaboration et de vinification qui permettent à cette sensibilité de s’épanouir dans un parcours qui doit être sans faute. C’est une histoire de technicité et de savoir-faire. Un travail de chaque jour.
La quête constante de la perfection nécessite la remise en cause chaque année des méthodes de travail.
Le travail commence dans les vignes, la connaissance des parcelles et des vignes étant un préalable indispensable. Christine Vernay arpente ainsi régulièrement ses coteaux, observe. C’est comme cela qu’elle prend ses décisions, celles de prévenir les maladies ou de les traiter, comme celles de vendanger. Ce travail de terrain, et son contact particulièrement sensible avec ses coteaux, guident son travail en cave.

Des partis-pris affirmés en vignes :
prendre soin des coteaux

Si Georges Vernay est reconnu pour avoir sauvé ces coteaux, Christine veille dessus depuis 1996, en héritière qui prend soin de ce qu’on lui a transmis, mais autant en vigneronne avertie et en responsable d’un Domaine qu’elle conduit et développe selon ses valeurs et ses partis pris. Ici donc pas de négoce, et des terres que l’on acquiert pour mieux les cultiver :

« J’ai un attachement très fort à mes vignes, et à mes terroirs. Ce que j’aime c’est identifier les terroirs et leur permettre de s’exprimer. Toutes mes cuvées sont issues de mes vignes et des raisins dont j’ai pris soin. Faire un négoce c’est un autre métier qui doit être, selon moi, dissocié. Comme disait mon père : « 12 métiers, 13 misères »

Photo : Nouvelles plantations, avril-juillet 2019 : Christine Vernay a ainsi remonté des chaillées sur le coteau de Vernon et replanté. Là encore, rien n’est laissé au hasard : les plants sont en sélection massale »

Culture biologique

Depuis plus de 20 ans Christine Vernay travaille sur la culture biologique. Se considérant comme dépositaire d’une terre dont elle a la responsabilité de prendre soin, elle s’est engagée bien avant que ce soit une mode ou une urgence, et a réussi aujourd’hui à démontrer que, s’il est difficile de travailler des vignobles en forte pente en culture biologique, c’est cependant possible.
Paillage, enherbement, …. Elle n’a de cesse d’expérimenter et consacre aujourd’hui l’essentiel de ses investissements à la mise en place de techniques de culture durables qui préservent l’environnement et servent incontestablement la pureté de ses vins.

 

 

Biodynamie

Si la culture biologique relève selon elle d’une éthique, elle s’oriente vers la biodynamie par philosophie :
« Cela fait plus de 20 ans que je travaille sur l’agriculture biologique, même si je n’ai engagé la demande de certification que récemment. C’est avant tout une éthique profondément ancrée dans les valeurs du Domaine, plus qu’une stratégie commerciale… En 20 ans, j’ai montré qu’on pouvait faire du bio même sur les coteaux, que ça avait un prix, mais que c’était possible. J’essaie d’aller encore plus loin, vers la biodynamie qui est plus une philosophie, un parti pris personnel. La culture biologique, elle, répond à une responsabilité. Mais c’est une très belle aventure et je commence à sentir le résultat dans mes vins. Aubert de Villaine dit des vins issus de cette culture qu’ils ont davantage de transparence. Je trouve qu’ils ont aussi une autre vibration. Mais tout est dans la finesse de l’écoute ! »

Une recherche constante
des meilleurs choix

« Lorsque je crée un vin, je ne recherche pas à impressionner.
Un grand vin doit émerveiller. »
Christine Vernay

 

Les vendanges

Un vin porte la beauté du geste de ceux qui le font advenir. Sur ces terrains escarpés des coteaux, les vendanges se font à la main.

 

La vinification

Christine s’est démarquée par la personnalité unique de ses vins. Leur élégance, elle la doit à son travail en vigne, mais aussi en cave : à chercher le point de rencontre entre sa personnalité et le terroir, elle révèle autant le vin que ce qu’elle en attend d’excellence.
Puissance, tension, fraîcheur… :

L’élevage

Le temps fait son œuvre : dans le secret des caves, les vins se déplient lentement, déploient arômes, structure… Derrière le bois respirant, chacune des cuvées se délivre peu à peu, pour offrir un jour une étonnante rencontre.
Là encore, les choix révèlent les partis-pris de Christine Vernay. Pour les blancs comme pour les rouges, le jeu des contenants (foudres, barriques…) lui permet de travailler la recherche d’expression des terroirs. Sans jamais s’enfermer dans des pratiques systématiques, elle expérimente : elle essaie, déguste, essaie, déguste, adapte selon les années et les typicités des millésimes. Ici, rien n’est laissé au hasard, mais tout est en permanence réévalué, adapté, ajusté. Christine Vernay ne simplifie pas : elle fait le détail, et aime cela. C’est sa marque de fabrique à elle, parfaitement assumée…

La mise en bouteille

De la terre au verre, chaque temps de vie du vin qui sera est un temps décisif. Si Christine Vernay veille à chaque étape, c’est qu’elle sait depuis longtemps que la qualité exceptionnelle de ses vins, elle la doit aussi à la somme de tous ces détails qui ouvrent le possible d’un grand vin. Biodynamie oblige les jours de mises en bouteille sont sans vent, plutôt fruit et en lune montante. Quant à l’émotion qui remonte de la Caille ces jours-là, elle est unique, et aussi celle d’une équipe qui voit là l’aboutissement du soin pris… à prendre soin.

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